
Le retour fracassant de Donald X. Vaccarino avec un jeu de survie lunaire qui révolutionne l’engine-building
Temps de lecture : 5 minutes
Le pitch qui tue#
Imaginez : vous dirigez une colonie sur la Lune. Tout semble planifié pour le succès… jusqu’à ce que les catastrophes s’enchaînent. Moon Colony Bloodbath (février 2025) n’est pas votre jeu de gestion spatiale habituel. C’est un survival game où construire votre empire n’est qu’un préambule à sa destruction inéluctable.
Donald X. Vaccarino, le génial créateur de Dominion, signe ici son grand retour avec une mécanique révolutionnaire : l’engine-building inversé. Vous construisez votre moteur économique… pour mieux le voir se faire démanteler par les événements.
Une mécanique diaboliquement géniale#
Le deck commun qui fait trembler#
L’innovation centrale ? Un paquet d’événements partagé que tous les joueurs subissent ensemble. À chaque tour, on révèle une carte qui peut être :
- Work : tout le monde effectue une action bénéfique
- Trouble : des catastrophes qui tuent vos colons
- Twist : des modificateurs qui corsent la partie
Le génie ? Vous alimentez vous-mêmes ce deck de malheur en construisant certains bâtiments. Plus la partie avance, plus les cartes dangereuses s’accumulent. Le rythme passe de « tranquille » à « infernal » en quelques tours.
Construire pour mieux détruire#
Vos colons sont représentés par des pions et les habitants de vos bâtiments. Quand une catastrophe frappe, vous perdez des colons. Pas assez ? Vous devez détruire un bâtiment pour libérer ses habitants et continuer à jouer.
Le dilemme constant : quel bâtiment sacrifier ? On passe insidieusement de « que vais-je construire ? » à « que vais-je devoir détruire ? » Cette tension survivaliste unique fait toute la saveur du jeu.
L’ambiance qui marque#
Rétro-futurisme et humour noir#
Moon Colony Bloodbath puise son inspiration dans l’album éponyme des Mountain Goats (2009) et arbore une esthétique rétro-futuriste assumée : colons souriants figés, robots inquiétants, dômes fissurés. Ce style « pulp années 50 » divise, mais renforce brillamment le thème d’une satire du rêve spatial.
L’atmosphère oscille entre cynisme et humour grinçant. Chaque partie raconte l’agonie d’une base lunaire, créant une narration émergente captivante où tout ce qui peut mal tourner… va mal tourner.
Stratégie sadique et survie#
L’objectif ? Garder plus de colons vivants que les autres jusqu’à ce qu’une colonie tombe à zéro. Mais le jeu prend parfois des allures semi-coopératives : pas d’attaque directe, mais vous pouvez volontairement ajouter des catastrophes au deck commun pour enfoncer vos rivaux.
Cette stratégie perverse est particulièrement cruelle à deux joueurs : vous ferez tout pour maintenir la tête hors de l’eau en noyant impitoyablement votre adversaire sous les catastrophes.
Ce qu’il faut retenir#
Les plus ✅#
- Mécanique révolutionnaire : l’engine-building inversé est une idée géniale
- Rejouabilité énorme : 90 cartes Bâtiment différentes, parties toujours uniques
- Tension permanente : suspense garanti jusqu’au bout
- Accessible : règles claires malgré le chaos apparent
- Universel : fonctionne de 1 à 5 joueurs, plaît aux experts comme aux occasionnels
Les moins ❌#
- Hasard frustrant : la pioche peut être cruelle
- Interaction limitée : sensation de « multijoueur solitaire »
- Esthétique divisive : le style rétro ne plaît pas à tous
- Anglais only : pas encore de version française
Le verdict#
Moon Colony Bloodbath s’impose comme l’un des coups de cœur 2025. Vaccarino prouve qu’il n’a rien perdu de son génie en révolutionnant le genre avec cette apocalypse lunaire jubilatoire.
Oui, c’est cruel. Oui, vos plans vont être anéantis. Mais c’est précisément ce qui rend chaque survie savoureuse et chaque partie mémorable.
Pour qui ? Les amateurs de jeux de gestion tendus, les fans de défis survivalistes (Dead of Winter, This War of Mine), et tous ceux qui veulent tester leurs limites face à l’adversité cosmique.
Le petit plus : En solo, le jeu offre un vrai défi survivaliste. En groupe, préparez-vous à des fous rires jaunes et des « NOOON ! » retentissants quand tout s’effondre.
En attendant une hypothétique version française, si l’anglais ne vous rebute pas, embarquez sans hésiter pour cette colonie lunaire pas comme les autres. Frissons et aventures d’anthologie garantis !
Moon Colony Bloodbath 1-5 joueurs | 45-90 min | Donald X. Vaccarino | Rio Grande Games
