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FORÊT MIXTE SMOKY MOUNTAINS : la forêt se jette à l'eau

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Forêt Mixte Smoky Mountains - Lookout Games

Par la rédaction | Lecture : 6 min

Au petit matin, une brume bleutée monte des vallées et s’accroche aux crêtes. Une loutre plonge dans la rivière, un lynx roux guette sur la berge, un héron attend son heure. Notre canard a coiffé son chapeau de ranger, calé un guide de terrain sous son aile et sorti sa loupe : direction les Great Smoky Mountains, à l’est des États-Unis, pour le troisième voyage de la série Forêt Mixte.

Forêt Mixte Smoky Mountains est un jeu de cartes signé Kosch, illustré par Toni Llobet et Judit Piella, publié par Lookout Games et distribué en France par Asmodee. C’est le troisième jeu autonome de la série, après l’original et Dartmoor : inutile de posséder les précédents, mais impossible aussi de les mélanger. Il arrive en boutique le 23 octobre 2026, pour environ 26 €. Comptez 2 à 5 joueurs dès 10 ans, pour des parties d’environ une heure. Les plus impatients peuvent déjà s’y essayer sur Board Game Arena.

Enfilez vos bottes, la randonnée commence !

La Thématique : le parc national le plus visité des États-Unis
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À cheval sur le Tennessee et la Caroline du Nord, le parc des Great Smoky Mountains a accueilli plus de 11,5 millions de visiteurs en 2025. Il doit son nom à la brume qui monte de ses forêts, et plus de 19 000 espèces y ont été recensées. Le jeu y puise l’ours noir, le lynx roux, le wapiti, le pygargue à tête blanche, la loutre de rivière, le ménopome, une salamandre géante des torrents, ou encore les lucioles synchrones, qui s’allument à l’unisson à la fin du printemps. Les illustrations naturalistes, dans une palette automnale de rouges et d’ors, sont jugées plus chaleureuses que celles de Dartmoor.

Mécanique : de quoi ça parle ?
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Chacun fait pousser sa propre forêt devant soi, puis y attire animaux et plantes pour marquer le plus de points possible.

  1. Le tour de jeu : une seule action. Piocher deux cartes, dans la pioche ou dans la clairière au centre de la table, ou jouer une carte.
  2. Payer : on règle le coût d’une carte en défaussant d’autres cartes de sa main dans la clairière… où les adversaires pourront venir se servir.
  3. Les arbres et les espèces : les arbres forment la charpente de la forêt. Les autres cartes sont coupées en deux : on en place une moitié en haut, en bas ou sur le côté d’un arbre, et l’autre disparaît dessous. Beaucoup offrent un effet (piocher, jouer gratuitement, rejouer…) ou un bonus.
  4. La fin de partie : elle tombe sans prévenir, à la sortie de la troisième carte Hiver. La forêt la plus riche l’emporte.

Les nouveautés : la forêt se jette à l’eau
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  • La rivière universelle : le dos de chaque carte montre une rivière. En plantant un arbre, on peut en glisser une dessous : l’arbre gagne alors un cinquième emplacement, au bord de l’eau. Mais c’est maintenant ou jamais : impossible de l’ajouter plus tard.
  • Les rivières seules : neuf cartes de terrain, posées à l’horizontale, qui n’accueillent des espèces qu’au-dessus et au-dessous.
  • Le besoin d’eau : un nouveau symbole désigne les espèces aquatiques, poissons en tête. Un arbre sans rivière les refuse, une rivière seule n’accepte qu’elles.
  • Les grands animaux à 10 ou 30 points : l’ours noir triple sa valeur avec deux poissons au pied de son arbre, le lynx roux avec cinq oiseaux dans la forêt, le pygargue avec cinq poissons, le wapiti avec cinq essences d’arbres différentes.
  • Des collections qui s’envolent : les quatre écureuils rapportent jusqu’à 40 points, les quatre lucioles synchrones jusqu’à 48.

Forêt Mixte, Dartmoor, Smoky Mountains : quelles différences ?
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Les trois boîtes partagent le même moteur : piocher ou jouer, payer en nourrissant la clairière, finir au troisième hiver. Mais chacune a sa personnalité.

  • Forêt Mixte (2023) : la forêt d’Europe centrale, lauréate du Deutscher Spielepreis 2024. Tout pousse autour des arbres, huit essences en tout, et le dos des cartes montre une jeune pousse que l’on peut jouer à la place d’un arbre. C’est la version des grosses combinaisons, enrichie par trois extensions, dont Exploration et son mode solo.
  • Dartmoor (2025) : la lande anglaise. Ce premier jeu autonome introduisait les terrains (27 cartes de lande), des arbustes, des grottes choisies en début de partie, qui donnent à chacun un départ différent, et seulement six essences pour déclencher plus facilement les bonus. C’est le plus riche en moteurs de pioche.
  • Smoky Mountains (2026) : l’eau au pied des arbres. Moins de terrains (neuf rivières), plus de jeune pousse, des grottes de nouveau identiques et un retour à huit essences. Le jeu mise moins sur les moteurs que sur les gros coups, et se joue plus vite : sur Board Game Arena, une partie dure en moyenne moins d’une demi-heure.

Laquelle choisir ? Pour découvrir la série, Smoky Mountains est la porte d’entrée la plus directe. Si vous avez l’original, il apporte une vraie décision nouvelle avec ses rivières. Si vous avez Dartmoor, la différence est plus mince : certains n’y voient qu’« un renouvellement de l’effectif », comme le résume le titre de la critique vidéo de The Broken Meeple.

L’équilibre du jeu : le grand débat
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L’accueil est bon (86 % chez Zatu, près de 7,9 sur 10 sur BoardGameGeek), mais l’équilibre divise les joueurs qui l’ont déjà beaucoup pratiqué en ligne.

  • Les animaux à 30 points : pour leurs détracteurs, celui qui les pioche file vers la victoire. Pour l’auteur du Mikko’s Gameblog, après une trentaine de parties, il est rare qu’un joueur n’en obtienne aucun, et le pygargue reste le plus rentable.
  • La voie de l’eau : rivières et poissons semblent la stratégie la plus sûre ; un joueur de BoardGameGeek affirme même perdre trois fois sur quatre sans elle. Les plantes, elles, sont à la traîne.
  • Moins de combinaisons ravageuses : plusieurs habitués le trouvent mieux équilibré que l’original, au prix d’un jeu un peu « sur des rails », où l’on prépare surtout le terrain pour ses animaux à 30 points.

Notre avis : autour d’une table du club, ces écarts pèsent peu, et chacun a sa chance de piocher un ours. Les joueurs compétitifs, eux, risquent de trouver la voie de l’eau un peu trop balisée.

Les points forts : ce qui séduit les joueurs
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  • L’eau change la donne : planter un arbre avec ou sans rivière est un choix simple, mais lourd de conséquences.
  • Des illustrations superbes : la palette automnale est la plus chaleureuse de la série.
  • Des règles déjà connues : les habitués les maîtrisent en deux minutes, et la boîte se suffit à elle-même.
  • Des parties nerveuses : des scores qui s’envolent, un vainqueur souvent incertain jusqu’au décompte, le tout pour un prix doux.

Les points de vigilance : ce qui pourrait fâcher
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  • Des grands animaux décisifs : les piocher ou non au bon moment pèse lourd.
  • Une stratégie dominante ? La voie des rivières et des poissons semble plus sûre que les autres.
  • Ni mélange ni solo : impossible de combiner cette boîte avec les deux autres, et aucun mode solitaire pour l’instant.
  • Un air de déjà-vu : pour qui possède Dartmoor, la nouveauté se résume surtout à l’eau et à une nouvelle faune.

Verdict
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Forêt Mixte Smoky Mountains n’est pas une révolution, mais une belle randonnée sur un sentier connu. Ses rivières apportent une décision neuve et élégante, ses illustrations automnales séduisent, et ses parties rapides conviennent parfaitement à une soirée au club. Si vous possédez déjà Dartmoor, rien ne presse ; sinon, le dépaysement vaut le voyage. Notre canard, lui, guette les lucioles… en espérant ne pas croiser l’ours noir avant le troisième hiver !

Notre note
canard
canard
canard
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