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AU BONHEUR DES CHATS : le grand magasin du ronron

Écouter l’article 8 min 16 · lu par une voix de synthèse (Google Gemini)

Au bonheur des chats - Rebel

Par la rédaction | Lecture : 7 min

Une gamelle au milieu du salon, un arbre à chat dans un coin, et deux yeux ronds qui vous fixent. De l’eau, un panier et une litière, c’est un bon début, mais ce n’est pas comme ça qu’on rend un chat heureux. Lui veut des gamelles dans chaque pièce, des étagères jusqu’au plafond, des souris à chasser et des coussins dans chaque coin de soleil. Et de l’autre côté de la rue, les chats des voisins ont les mêmes exigences.

Au bonheur des chats, The Happiest Cat in the World en version originale, est un jeu d’Olivier Cipière et d’Oussama Khelifati, illustré par Bartłomiej Kordowski et publié par Rebel, l’éditeur polonais de Dream Home, qui fait partie du groupe Asmodee. Il est sorti en France fin octobre 2026, pour 25 € environ. Comptez 2 à 4 joueurs, dès 8 ans, pour des parties d’une demi-heure. La règle anglaise est téléchargeable sur le site de Rebel, et le jeu est déjà jouable sur Board Game Arena.

Zola avait Au Bonheur des Dames, son grand magasin parisien. Voici celui des chats : les rayons sont pleins, à vous de faire les bons achats !

La Thématique : un appartement aux petits soins
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Votre chat a des exigences, et vous êtes là pour les satisfaire. Chacun aménage son appartement, tuile par tuile, avec des couchages, des étagères, des souris mécaniques et des gamelles bien garnies. Le chat s’y promène et distribue des points de Bonheur quand les aménagements lui plaisent. À la fin, celui dont le chat est le plus heureux l’emporte.

Le ton est donné dès la règle, écrite par le chat lui-même : manger, jouer, dormir, et recommencer. C’est encore lui qui désigne le premier joueur : celui qui a vu le plus récemment un chat paresser sur un canapé.

Oussama Khelifati, l’un des deux auteurs, a déjà signé Duck & Cover, un petit jeu d’ambiance… à canards. Il a donc toute notre sympathie. Les illustrations de Bartłomiej Kordowski, tout en rondeurs et en couleurs tendres, font le reste. La boîte contient un plateau pour le marché et la piste de score, quatre plateaux Appartement, 40 tuiles de départ, 80 tuiles Aménagement, cinq tuiles Objectif et cinq tuiles Bonus. Chaque tuile porte un symbole, une couleur, une valeur en pièces, un prix, et parfois des points de Bonheur.

Mécanique : de quoi ça parle ?
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Chacun commence avec un appartement de cinq cases en croix, une gamelle au centre, son chat posé dessus, et une pioche de dix tuiles. Au centre de la table, le marché propose neuf tuiles, en trois rangées selon leur prix. On pioche cinq tuiles, et chaque tour se joue en quatre temps.

  1. Promener son chat, si on le souhaite : il avance case par case, à l’horizontale ou à la verticale. Les deux premiers pas sont gratuits, chaque pas suivant coûte une tuile de sa main. Chaque gamelle traversée rapporte ses points : un chat ne refuse jamais un en-cas.
  2. Poser une tuile, si on le souhaite : couchage, souris et étagère se posent sur une case vide voisine du chat ; une gamelle, elle, recouvre une tuile voisine. On marque les points de la tuile et ceux de l’objectif correspondant.
  3. Faire ses achats, si on le souhaite : les tuiles restées en main servent de monnaie. Les tuiles achetées vont sur le dessus de sa pioche : on les aura en main dès le tour suivant.
  4. Piocher, obligatoirement : on défausse sa main et on pioche cinq nouvelles tuiles.

Tout le sel du jeu est là : une même tuile peut agrandir l’appartement, payer les pas du chat ou servir de monnaie. Marquer tout de suite ou investir pour plus tard, c’est le dilemme de chaque tour. Du deck-building, en somme, mais avec des tuiles.

Reste la cerise sur la pâtée : le Cat Combo. Quand une pose aligne trois tuiles de la même couleur, on peut aussitôt poser une tuile de plus, n’importe où dans l’appartement. Et si celle-ci forme à son tour une ligne, on recommence. Une fois par partie, le jeton Souris permet aussi de renouveler une rangée du marché.

Dès qu’un joueur atteint 60 points de Bonheur, on termine le tour de table, puis chacun joue un dernier tour. On ajoute enfin les points des tuiles qui n’ont pas été posées, et le chat le plus heureux l’emporte.

Les objectifs : quatre façons de faire ronronner
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Chaque symbole rapporte des points à sa façon, selon les tuiles Objectif du plateau. Étagères, couchages et souris ont chacun deux faces, A et B, pour varier les parties.

  • Les gamelles rapportent à la pose, puis chaque fois que le chat passe dessus. Un chat qui reste couché sur sa gamelle ne gagne rien : il faut se bouger pour manger.
  • Les étagères récompensent les murs bien garnis : un point par étagère du groupe auquel la nouvelle se relie.
  • Les couchages jouent sur les lignes et les colonnes. Sur la face A, deux couchages alignés s’annulent : chaque chat veut son coin à lui. Sur la face B, c’est l’inverse.
  • Les souris sont les plus amusantes : le jeton Souris file d’une souris à l’autre, comme un jouet mécanique lâché dans l’appartement, et l’on marque selon les tuiles traversées.

Pour les habitués, deux tuiles Bonus de fin de partie ajoutent des objectifs communs, comme des rangées aux quatre couleurs ou des souris qui couinent par paires.

À quel jeu cela ressemble-t-il ? On pense à Calico, autre jeu de tuiles à chats où l’on assortit couleurs et motifs, et à Dominion pour le deck-building, version salon douillet. Les amateurs de Kano ou de Twittens devraient y trouver leur compte.

L’accueil : de premiers retours ronronnants
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Le jeu vient d’arriver dans les boutiques françaises, et les critiques se font attendre. Mais il tourne sur Board Game Arena depuis le 21 septembre, avec plus de 1 300 parties jouées, et des joueurs l’ont découvert au salon d’Essen, en octobre. Sur BoardGameGeek, il affiche une moyenne de 7 sur 10, sur près de 90 notes.

Les premiers avis, en anglais, vont dans le même sens (nous traduisons). L’un le trouve « très mignon et facile à apprendre ». Un autre y voit « un jeu familial de pose de tuiles, malin et rapide », avec « plus dedans que ce que la couverture laisse deviner ». Un troisième salue un matériel digne, selon lui, d’une édition de luxe. Seule voix plus mesurée : « Très joli. Le jeu est correct, sans plus. »

Notre avis : il reste à le sortir sur une table du club, mais la recette a tout pour plaire aux familles. Des règles simples, de vrais choix à chaque tour, et ce petit plaisir de voir les combos s’enchaîner…

Les points forts : ce qui séduit
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  • Des règles express : quatre étapes par tour, dont trois facultatives, et l’on joue au bout de cinq minutes.
  • Un vrai dilemme à chaque main : chaque tuile sert à poser, à payer les pas du chat ou à acheter mieux.
  • Le plaisir des combos : aligner trois couleurs et enchaîner les poses, c’est le petit feu d’artifice qui rend le jeu addictif.
  • De la variété : objectifs recto verso et tuiles Bonus changent la façon de marquer d’une partie à l’autre.
  • Un thème qui fait mouche : un chat qui raconte la règle, de belles illustrations et un matériel soigné, pour 25 € environ.

Les points de vigilance : ce qui pourrait fâcher
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  • Chacun chez soi : on bâtit son appartement dans son coin, et l’interaction se limite au marché.
  • Le hasard du marché et de la pioche : la bonne tuile n’arrive pas toujours au bon moment, et le jeton Souris ne sert qu’une fois.
  • Un chat qui impose sa place : on ne pose qu’à côté de lui, et chaque pas au-delà du deuxième coûte une tuile. Il faut anticiper.
  • Un poids plume : Board Game Arena le classe à 2 sur 5 en complexité. Les amateurs de jeux corsés resteront sur leur faim.
  • Un jeu tout neuf : on manque encore de recul sur sa durée de vie.

Verdict
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Au bonheur des chats a tout du jeu familial que l’on sort le dimanche après-midi et que l’on finit par enchaîner. Sous ses airs de catalogue de décoration pour matous, il cache une mécanique bien huilée : une main qui sert à tout, un chat qu’il faut promener au bon endroit, et des combos qui font crier victoire. L’interaction reste discrète, mais pour une demi-heure de ronronnements, il a de quoi s’installer sur nos tables, comme un chat sur le canapé. Notre canard, lui, a déjà enfilé son pyjama à chats et ses pantoufles fourrées : reste à savoir qui, de lui ou du matou, sera le plus heureux du monde !

Notre note
canard
canard
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canard vide
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